Si vous avez tenté d’en savoir plus cette chose mystérieuse qu’est la blockchain, vous pouvez être rebuté devant l’opacité du jargon technique qui est souvent utilisé pour l’encadrer. Donc, avant d’entrer dans le vif du sujet et de voir comment la technologie du blockchain pourrait changer le monde, essayons de simplifier sa définition.

La définition de la blockchain

En termes simples, une blockchain est un grand livre numérique de transactions, un peu comme les registres commerciaux que nous utilisons depuis des centaines d’années pour enregistrer les ventes et les achats. La fonction de ce registre numérique est, en fait, à peu près identique à celle d’un registre traditionnel en ce sens qu’il enregistre les débits et les crédits entre personnes. C’est le concept de base de la blockchain, la différence est de savoir qui tient ce fameux registre et qui vérifie les transactions.

La blockchain et les transactions

Dans le cas des transactions classiques, un paiement d’une personne à une autre implique une sorte d’intermédiaire pour faciliter la transaction. Disons que Raymond veut transférer 30 euros à Philippe. Il peut soit lui donner de l’argent comptant sous la forme d’un billet de 30€ , soit utiliser une sorte d’application bancaire pour transférer l’argent directement sur le compte bancaire de Philippe. Dans les deux cas, une banque est l’intermédiaire qui vérifie la transaction : Les fonds de Raymond sont vérifiés lorsqu’il retire l’argent d’un distributeur automatique, ou ils sont vérifiés par un logiciel lorsqu’il effectue un transfert numérique. La banque décide si la transaction doit avoir lieu ou pas selon les disponibilités d’argent. La banque détient également le registre de toutes les transactions effectuées par Raymond et est seule responsable de sa mise à jour lorsque Raymond paie quelqu’un ou reçoit de l’argent sur son compte bancaire. En d’autres termes, la banque tient et contrôle le registre, et tout passe par la banque.

C’est évidemment beaucoup de responsabilités, il est donc important que Raymond ait toutes les garanties pour confiance à sa banque sinon il ne risquerait pas son argent avec elle. Il doit avoir l’assurance que la banque ne l’escroquera pas, qu’elle ne lui fera pas perdre son argent, qu’elle ne le volera pas et qu’elle ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Cette confiance obligatoire a été à la base de presque tous les grands comportements et facettes de l’industrie financière traditionnelle, à tel point que même lorsqu’on a découvert que les banques étaient irresponsables avec notre argent pendant la crise financière de 2008, le gouvernement (un autre intermédiaire) a choisi de les sauver plutôt que de risquer de détruire les derniers fragments de confiance en les laissant s’effondrer définitivement.

Les blockchains fonctionnent différemment sur un point essentiel : ils sont entièrement décentralisées. Il n’y a pas de chambre de compensation centrale comme une banque, et il n’y a pas de registre central détenu par une seule entité. Au lieu de cela, le registre des transactions est réparti sur un vaste réseau d’ordinateurs, appelés nœuds, qui conservent chacun une copie de l’ensemble du registre sur leur disque dur respectif. Ces nœuds sont reliés les uns aux autres par l’intermédiaire d’un logiciel en P2P (peer-to-peer), qui synchronise les données sur le réseau de nœuds et veille à ce que tout le monde ait la même version du registre à un moment donné.

L’appellation de la blockchain

Lorsqu’une nouvelle transaction est entrée dans la blockchain, elle est d’abord chiffrée à l’aide d’une technologie cryptographique de pointe. Une fois chiffrée, la transaction est convertie en ce qu’on appelle un bloc, qui est essentiellement le terme utilisé pour un groupe chiffré de nouvelles transactions. Ce bloc est ensuite envoyé dans le réseau de nœuds informatiques, où il est vérifié par les nœuds et, une fois vérifié, transmis à travers le réseau afin que le bloc puisse être ajouté aux registres de l’ordinateur de chacun. C’est ce qu’on appelle la chaîne, d’où l’appellation de blockchain.

Une fois approuvée et enregistrée dans le registre des transaction, celle-ci peut être complétée. C’est ainsi que fonctionnent les cryptomonnaies comme le Bitcoin.

Quels sont les avantages de la blockchain en comparaison ?

La réponse est la confiance. Comme nous l’avons déjà mentionné, dans le système bancaire, il est essentiel que Raymond fasse confiance à sa banque pour protéger son argent et le gérer correctement. Pour ce faire, il existe des systèmes de réglementation pour vérifier les actions des banques et s’assurer qu’elles sont adaptées à l’usage auquel elles sont destinées. Les gouvernements réglementent ensuite les régulateurs, en créant une sorte de système de contrôle à plusieurs niveaux dont le seul but est d’aider à prévenir les erreurs et les mauvais comportements. En d’autres termes, certains organes de vérification existent précisément pour offrir des garanties supplémentaires au bon fonctionnement. Et les banques font hélas souvent des erreurs… Lorsqu’il n’y a qu’une seule source d’autorité, le pouvoir a tendance à faire l’objet d’abus quelques fois par omission. La relation de confiance entre les gens et les banques est délicate et précaire : nous ne leur faisons pas vraiment confiance, mais nous estimons qu’il n’existe pas d’alternative.

Les systèmes Blockchain, par contre, n’ont pas besoin que vous leur fassiez confiance du tout. Toutes les transactions (ou blocs) de la blockchain sont vérifiées par les nœuds du réseau avant d’être ajoutées au registre, ce qui signifie qu’il n’y a pas de point de défaillance unique ni de canal d’approbation unique. Si un pirate voulait falsifier le registre d’une blockchain, il devrait pirater simultanément des millions d’ordinateurs, ce qui est quasiment impossible. Un hacker serait également pratiquement incapable d’arrêter le processus de la blockchain, car, encore une fois, il devrait être en mesure d’éteindre tous les ordinateurs d’un réseau gigantesque répartis dans le monde entier.

Le cryptage de la blockchain

Le processus de cryptage lui-même est également un facteur essentiel. Les blockchains comme celui du Bitcoin utilisent des processus délibérément difficiles pour leur procédure de vérification. Dans le cas de Bitcoin, les blocs sont vérifiés par des nœuds qui effectuent délibérément une série de calculs, souvent sous la forme de puzzles ou de problèmes mathématiques complexes, ce qui signifie que la vérification n’est ni instantanée ni accessible directement. Les nœuds qui engagent la ressource dans la vérification des blocs sont récompensés par des frais de transaction et une prime de Bitcoins nouvellement frappés. Cela a pour fonction à la fois d’inciter les informaticiens à devenir des “mineurs” (parce que le traitement de blocs comme celui-ci nécessite des ordinateurs assez puissants et beaucoup d’électricité), tout en gérant le processus de génération, ou de frappe, des unités de la cryptomonnaie.

C’est ce qu’on appelle l’exploitation minière, parce qu’elle exige beaucoup d’efforts (par ordinateur, dans ce cas-ci) pour produire un nouveau produit. Cela signifie également que les transactions sont vérifiées de la manière la plus indépendante possible, plus indépendante qu’une organisation réglementée par le gouvernement.

Cette fonction décentralisée, démocratique et hautement sécurisée des blockchains signifie qu’elles peuvent fonctionner sans avoir besoin de réglementation (elles sont auto-régulées), du gouvernement ou d’autre intermédiaire plus opaque.

Les contrats intelligents

Là où les choses deviennent vraiment intéressantes, ce sont les applications de blockchains au-delà des cryptomonnaies comme le Bitcoin. Étant donné que l’un des principes sous-jacents du système de la blockchain est la vérification sécurisée et indépendante d’une transaction, il est facile d’imaginer d’autres façons dont ce type de processus peut être utile. Comme on pouvait s’y attendre, de nombreuses applications de ce type sont déjà en cours d’utilisation ou de développement.

En voici quelques exemples :

Ethereum

Probablement la cryptomonnaie la plus passionnante après le Bitcoin. Le code peut être complètement unique et original, tant qu’un ordinateur peut le comprendre et l’exécuter, mais en termes simples, cela signifie que vous pouvez utiliser la technologie blockchain pour créer une sorte de système pour tout type de transaction. Par exemple, si vous êtes un concepteur de sites Web, vous pourriez créer un contrat qui vérifie si le site Web d’un nouveau client est lancé ou non, puis vous verser automatiquement les fonds une fois qu’il est lancé. Fini la course-poursuite et la facturation. Les contrats intelligents sont également utilisés pour prouver la propriété d’un bien tel qu’un bien immobilier ou artistique. Le potentiel de réduction de la fraude avec cette approche est énorme.

Le stockage en cloud (serveur web distant)

Stockage en nuage (Storj) : le cloud computing a révolutionné le web et provoqué l’avènement de la Big Data qui, à son tour, a déclenché la nouvelle révolution de l’intelligence artificielle. Mais la plupart des systèmes basés sur le cloud sont exécutés sur des serveurs stockés dans des structures de serveurs à emplacement unique, appartenant à une seule entité (Amazon, Google, etc.). Cela pose les mêmes problèmes que le système bancaire, dans la mesure où vos données sont contrôlées par une organisation unique et opaque qui représente un seul point de repère.

Les échanges de données sur une blockchain élimine complètement ce problème et promet également d’augmenter la fiabilité car il est beaucoup plus difficile de mettre un réseau blockchain hors service.

Le Shocard

L’identification numérique (ShoCard) : deux des enjeux majeurs de notre époque sont le vol d’identité et la protection des données. Avec de vastes services centralisés tels que Facebook qui détient énormément de données personnelles et les efforts déployés par divers gouvernements de pays développés pour stocker des informations numériques sur leurs citoyens dans une base de données centrale, le risque d’abus de nos données personnelles est très problématique.

La technologie Blockchain offre une solution potentielle à ce problème en enveloppant vos données clés dans un bloc crypté qui peut être vérifié par le réseau Blockchain lorsque vous devez prouver votre identité. Les applications de ce système vont du remplacement évident des passeports et des cartes d’identité à d’autres domaines tels que le remplacement des mots de passe.

Le vote électronique

La technologie Blockchain permet de vérifier que le vote d’un électeur a été envoyé avec succès tout en conservant son anonymat. Il promet non seulement de réduire la fraude électorale, mais aussi d’augmenter la participation électorale générale, car les citoyens pourront voter depuis leur smartphone.
La technologie Blockchain n’en est encore qu’à ses balbutiements et la plupart des applications sont loin d’être encore utilisable pleinement. Même Bitcoin, la plate-forme blockchain la plus établie, est sujette à une volatilité énorme qui indique son statut de nouveau venu relatif.

Cependant, le potentiel de la blockchain pour résoudre certains des problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui en fait une technologie extraordinairement excitante et séduisante à suivre.

Gardez-l’oeil ouvert car c’est déjà le monde de demain.